Devenir notaire demande une combinaison d’études longues, d’expérience pratique et de démarches professionnelles. Ce parcours structuré prépare à exercer en tant qu’officier public chargé d’actes authentiques et de conseils juridiques en droit immobilier, successoral et familial. Nous décrivons ici les étapes, les voies possibles, les obligations de stage et les formalités pour vous aider à planifier une carrière dans la profession notariale.
Résumé :
Devenir notaire suppose un parcours structuré alliant études, alternance en office et démarches institutionnelles ; voici les repères pour planifier votre trajectoire et avancer sereinement.
- Choisissez votre voie de formation : universitaire (M2 notarial + DSN) ou professionnelle en INFN, selon votre appétence pour l’académique ou l’opérationnel.
- Visez un stage rémunéré (24–30 mois) en office pour consolider rédaction d’actes, fiscalité appliquée et déontologie, sous supervision d’un maître de stage.
- Soignez votre dossier de Master (notes, mémoire, recommandations) pour accéder au M2 notarial et à l’alternance encadrée.
- Mobilisez la voie interne (≥9 ans) si vous êtes déjà en étude (dont 6 ans après le diplôme de premier clerc) et préparez l’ECCT.
- Anticipez les formalités finales : serment et nomination, inscription à la Chambre, puis projet d’office (étude de marché, choix du statut, assurances, conformité).
1. Formation académique préalable obligatoire
Avant d’accéder aux formations spécialisées, une base universitaire solide est nécessaire. Cette phase prépare aux exigences théoriques des diplômes notariaux et sélectionne les candidats pour les cursus suivants.
Licence en Droit
La Licence en Droit constitue la première étape formelle. Elle donne les notions fondamentales en droit civil, droit public, droit des obligations et procédure, qui seront utiles tout au long du parcours.
Au-delà des savoirs, la licence permet d’acquérir des méthodes d’analyse juridique et de synthèse. Un dossier académique sérieux facilite l’accès au Master, souvent sélectif.
Pour s’orienter, consultez nos conseils pour choisir une bonne école de droit.
Master en Droit
L’obtention d’un Master, généralement orienté vers le droit notarial ou le droit privé, est la condition suivante. Le Master approfondit les matières spécialisées et prépare à la sélection pour les formations professionnalisantes.
Les jurys examinent la qualité du mémoire, les notes et l’aptitude à suivre une formation professionnalisante. La réussite en Master ouvre l’accès aux deux grandes voies de formation vers la profession notariale.
2. Deux voies principales de formation
Après le Master, vous choisissez entre une voie universitaire et une voie professionnelle. Chacune combine enseignement théorique et expérience en office, mais diffère par la durée, la structure et le diplôme final.
Voie universitaire
La voie universitaire s’appuie sur un Master 2 en Droit Notarial comme point d’entrée. Elle met l’accent sur l’approfondissement académique et la préparation au Diplôme Supérieur du Notariat (DSN).
En parallèle du Master 2, la formation inclut un stage rémunéré de 24 mois en office notariale, accompagné de quatre semestres d’enseignements à l’université et au Centre de Formation Professionnelle Notarial (CFPN). Cette alternance théorie/pratique vise à préparer au DSN, diplômes et compétences professionnelles nécessaires à l’exercice.
Le DSN représente la clé d’entrée pour devenir notaire titulaire après validation du stage et des examens universitaires. Il atteste d’une maîtrise des actes notariaux, de la déontologie et de la fiscalité applicable aux opérations courantes.
Voie professionnelle
La voie professionnelle se déroule dans un Institut National des Formations Notariales (INFN) et combine enseignement spécialisé et stage en alternance. La formation dure environ 31 mois et vise une insertion directe en office.
Le stage professionnel en alternance s’étend sur 30 mois, offrant une immersion prolongée dans le quotidien d’une étude. L’expérience pratique prolongée permet de développer des compétences opérationnelles et une connaissance approfondie des procédures d’actes.
Cette voie convient à ceux qui privilégient une formation orientée métier et une intégration progressive dans l’activité notariale, avec une rémunération pendant le stage.
Si votre projet s’oriente vers le secteur immobilier, renseignez-vous sur la formation pour devenir agent immobilier.
3. Stage professionnel rémunéré et encadré
Le stage constitue une phase déterminante du parcours. Il permet d’appliquer la théorie au sein d’une étude, d’acquérir des automatismes professionnels et d’apprendre la gestion des dossiers client.
Selon la voie choisie, la durée varie généralement entre 24 et 30 mois. Le stage est encadré par un notaire maître de stage et par des référentiels professionnels, afin d’assurer une progression pédagogique et le respect des règles déontologiques.
La rémunération durant le stage est prévue par la réglementation, ce qui constitue un atout pour poursuivre la formation tout en se professionnalisant. Le stagiaire effectue des actes sous supervision, rédige des projets d’actes et se forme à l’accueil et à la gestion client.

Au terme de la période, l’évaluation porte sur l’aptitude à exercer, la qualité des travaux produits et la maîtrise des aspects fiscaux et juridiques des opérations. Le stage apporte la légitimité pratique requise pour la phase finale du diplôme et l’installation future.
4. Voie interne pour les professionnels du secteur
Une voie alternative existe pour les personnes déjà insérées dans le milieu notarial. Elle reconnaît l’expérience professionnelle en complément de la formation initiale.
Exigences pour les candidats internes
Les candidats internes doivent justifier d’une ancienneté minimale en office notarial : au moins neuf ans d’activité, dont six années après l’obtention du diplôme de premier clerc. Cette ancienneté atteste d’une exposition prolongée aux pratiques notariales.
En complément, ces candidats doivent réussir l’examen de contrôle des connaissances techniques (ECCT) et valider un stage adapté. La voie interne valorise l’expérience et permet à des professionnels confirmés d’accéder au titre de notaire sans suivre l’intégralité du cursus initial.
5. Formalités finales et reconnaissance professionnelle
La titularisation comme notaire n’est pas automatique à l’issue des examens et du stage : plusieurs formalités institutionnelles concluent le parcours et confèrent l’autorité publique.
Procédure de reconnaissance et serment
Le futur notaire doit prêter serment devant la Cour d’appel de son ressort. Ce geste solennel marque l’engagement à respecter les devoirs, la déontologie et la responsabilité civile et pénale liées à la fonction.
Après le serment, l’inscription à la Chambre des notaires est nécessaire pour exercer. La nomination auprès du Garde des Sceaux officialise le statut et permet la prise de fonction en tant que titulaire d’une charge ou notaire salarié/associé.
Ces étapes administratives garantissent la conformité aux règles professionnelles et l’intégration dans le réseau institutionnel de la profession notariale.
6. Durée totale du parcours
Le temps requis pour devenir notaire est long et progressif. Il combine études universitaires et périodes de stage ou d’alternance, ce qui en fait un investissement à moyen terme.
En moyenne, il faut compter environ huit ans : trois ans pour la Licence, deux ans pour le Master, puis deux à trois ans pour la formation spécialisée et le stage professionnel. Cette estimation peut varier selon la voie choisie et la vitesse d’obtention des diplômes.
Pour clarifier les durées et étapes principales, le tableau suivant résume les deux voies et leurs caractéristiques essentielles.
| Voie | Durée des études | Durée du stage | Diplôme final |
|---|---|---|---|
| Universitaire | Licence (3 ans) + Master (2 ans) | 24 mois (stage rémunéré) + 4 semestres de cours | Diplôme Supérieur du Notariat (DSN) |
| Professionnelle | Licence + Master (5 ans au total) | 30 mois (alternance en INFN) | Diplôme professionnel via INFN |
| Voie interne | Expérience professionnelle (≥9 ans) | Stage adapté + ECCT | Certificat d’aptitude après validation |
7. Formalités administratives pour l’installation
S’installer comme notaire suppose de transformer le savoir-faire professionnel en projet d’entreprise. La nature de l’office et le statut juridique influencent la faisabilité et la rentabilité.
Projet d’ouverture d’un office notarial
L’élaboration d’un projet d’ouverture implique l’étude de marché, le choix de la zone géographique, l’estimation des volumes d’actes et la définition d’une stratégie commerciale. Les tarifs pratiqués sont réglementés pour certains actes, mais l’organisation et les services complémentaires peuvent différencier l’offre.
Penser le projet nécessite d’anticiper les moyens humains et techniques, la politique de relation client et les partenariats locaux. Une gouvernance administrative rigoureuse facilite l’obtention des autorisations et la transition vers la titularisation.
Démarches de création d’entreprise
Sur le plan juridique, l’office peut adopter différents statuts : exercice individuel, société civile professionnelle ou forme sociétaire adaptée. Le choix impacte la fiscalité, la responsabilité et la transmission de la charge.
Les formalités comprennent l’inscription au registre professionnel, la mise en conformité des locaux, la souscription d’assurances professionnelles et la déclaration auprès des autorités compétentes. La préparation administrative doit commencer avant la fin du stage afin d’assurer une installation fluide.
Pour préparer cette étape pratique, notre guide pour lancer la création d’entreprise présente des formations adaptées.
En résumé, le parcours pour devenir notaire combine une formation universitaire rigoureuse, une expérience pratique longue et des formalités institutionnelles. Nous vous recommandons d’aborder chaque étape avec méthode, de planifier la transition vers l’exercice et d’anticiper les exigences administratives et déontologiques propres à la profession.

