Devenir vétérinaire en France implique un parcours strict et structuré, alternant préparation académique, concours sélectifs et formation clinique approfondie. Nous présentons ici, étape par étape, les jalons nécessaires pour atteindre le diplôme d’État et exercer la médecine vétérinaire, en mobilisant données officielles et synthèses pédagogiques pour vous guider dans vos choix.
Résumé :
Du bac scientifique aux concours et à la thèse, nous vous guidons pour obtenir le DEV et exercer en France.
- Au lycée : optez pour un bac général avec spécialités maths, SVT, physique-chimie, soignez le dossier et les vœux sur Parcoursup.
- Choix de la préparation : comparez BCPST (2 ans), licence pour le concours B ou année intégrée ; prévoyez une mise à niveau si STAV/STL.
- Concours : organisez des révisions ciblées (écrits bio/chimie/physique/maths, oraux, entretiens), entraînez-vous en temps limité ; compétition d’environ ~500 places/an.
- Après l’admission : validez A2–A5 (30 ECTS/semestre), obtenez le DEFV, réalisez l’année d’approfondissement, soutenez la thèse puis inscrivez-vous à l’Ordre des vétérinaires.
Obtenir un baccalauréat scientifique
Avant toute chose, la base académique conditionne l’accès aux filières vétérinaires. Le baccalauréat oriente fortement vos chances d’admission et la nature des concours auxquels vous pourrez prétendre.
Pourquoi viser un bac scientifique ?
Un baccalauréat scientifique fournit les notions fondamentales en biologie, chimie et physique nécessaires pour suivre les enseignements vétérinaires. Les contenus de première année et des classes préparatoires s’appuient sur ces acquis, aussi la préparation théorique antérieure réduit le risque d’écart entre vos connaissances et les exigences du concours.
De plus, les recruteurs et commissions d’admission évaluent la cohérence du parcours : un bac orienté vers les sciences envoie un signal positif sur votre motivation et votre capacité à tenir une formation dense, tant théorique que pratique.
Bac général avec spécialités scientifiques (maths, SVT, physique)
Le bac général demeure la voie la plus recommandée : en terminale, choisir des spécialités comme mathématiques, sciences de la vie et de la terre (SVT) et physique-chimie vous expose directement aux domaines évalués en concours. Ces enseignements renforcent la compréhension des mécanismes biologiques et des outils quantitatifs nécessaires en médecine vétérinaire.
Outre les contenus, le bac général offre une meilleure compatibilité avec les parcours universitaires en licence scientifique, une option souvent retenue par les candidats qui préparent le concours B ou souhaitant consolider leur dossier post-bac.
Bac technologique : STAV ou STL
Les bacs technologiques comme STAV (Sciences et Technologies de l’Agronomie et du Vivant) et STL (Sciences et Technologies de Laboratoire) constituent des alternatives pertinentes pour les élèves attirés par l’agronomie, la biologie appliquée ou les techniques de laboratoire. Ils préparent à des compétences pratiques valorisées en milieu vétérinaire.
Cependant, ces voies exigent parfois une mise à niveau pour les concours les plus mathématiques ; il est fréquent que les étudiants complètent leur formation par une année de préparation ou une licence scientifique afin de renforcer les matières manquantes.
Parcoursup et candidatures post-bac
Pour les admissions post-bac, la plateforme Parcoursup centralise les candidatures vers les voies sanitaires et les classes préparatoires intégrées. Elle permet de candidater aux parcours post-bac organisés par certaines écoles ou d’obtenir une place en licence scientifique avant d’envisager un concours ultérieur.
Nous recommandons d’anticiper les dossiers sur Parcoursup, de soigner les motivations et les bulletins, et de présenter des choix de spécialités cohérents avec le projet vétérinaire pour maximiser vos chances lors des classements.
Suivre 1 à 2 ans de préparation
Après le bac, plusieurs itinéraires préparent au concours : certaines options sont intégrées aux écoles, d’autres passent par des classes préparatoires ou des parcours universitaires. Le choix dépend de votre profil et de votre stratégie d’admission.
Préparation intégrée aux Écoles Nationales Vétérinaires (1 an)
Certaines Écoles Nationales Vétérinaires (ENV) proposent une année préparatoire intégrée accessible via un concours post-bac. Cette année vise à uniformiser les connaissances pour aborder sereinement le tronc commun. Elle est conçue pour être intensive tout en restant ciblée sur les compétences attendues.
Cette voie est adaptée aux élèves qui souhaitent entrer directement dans le cursus vétérinaire sans passer par une prépa externe. L’admission post-bac reste très sélective et nécessite une excellente préparation en terminale.
Classe préparatoire BCPST (2 ans)
La BCPST (Biologie, Chimie, Physique et Sciences de la Terre) est la classe préparatoire la plus courante pour viser les concours A des écoles vétérinaires. En deux ans, elle développe rigueur scientifique, capacités d’analyse et résistance au travail soutenu.
L’intensité est élevée : les étudiants abordent des programmes denses en biologie cellulaire, physiologie, chimie et mathématiques. Les concours destinés aux étudiants de prépa évaluent à la fois la maîtrise des connaissances et l’aptitude à résoudre des problèmes complexes dans un temps limité.
Licence scientifique en alternance et autres voies (concours B, C, D, E)
La licence scientifique offre une alternative pour préparer le concours B, souvent via des parcours universitaires ou en alternance. Elle permet de combiner expérience professionnelle et enseignement théorique, renforçant l’employabilité et l’autonomie.
Par ailleurs, il existe d’autres concours (C, D, E) et voies d’accès qui s’adressent à des profils variés : techniciens supérieurs, paramédicaux ou étudiants déjà inscrits en filières scientifiques. Chacune de ces portes impose des préparations et des contenus d’examen différenciés. D’autres diplômés s’orientent vers la pédagogie, en choisissant de devenir formateur.
Réussir un concours d’entrée national
L’admission en écoles vétérinaires repose sur des concours nationaux organisés selon plusieurs modalités. Comprendre les types de concours et leurs épreuves permet d’adapter la préparation.
Processus d’admission et établissements ciblés
L’accès aux Écoles Nationales Vétérinaires — notamment Alfort, Lyon, Nantes et Toulouse — ainsi qu’à des établissements privés comme UniLaSalle, se fait via des concours nationaux. Ces écoles forment la majorité des vétérinaires en France et appliquent des formats d’évaluation standardisés.
La sélection est étalée entre épreuves écrites, orales et parfois entretiens de motivation. Les écoles publiques délivrent un enseignement financé, tandis que les options privées peuvent demander des frais significatifs pour la scolarité et les stages.
Types de concours selon le profil
On distingue des concours ouverts aux bacheliers (concours post-bac), des concours réservés aux étudiants issus de classes préparatoires (concours A/B ou CPGE) et des concours pour étudiants universitaires (licence). Chaque voie comporte ses propres modalités d’inscription et de contenu d’examen.
Les appellations varient : concours A pour prépas, concours B pour licences, concours post-bac pour entrée directe, et autres lettres (C, D, E) pour profils spécifiques. La stratégie d’inscription dépendra de votre parcours antérieur et de l’option la plus adaptée à votre préparation.
Épreuves, format et nombre de places
Les épreuves combinent généralement des écrits (biologie, chimie, physique, mathématiques), des oraux techniques et des entretiens axés sur la motivation et l’expérience. Le niveau d’exigence est élevé et la sélection s’appuie sur la régularité des résultats.
Chaque année, environ 500 places sont attribuées pour l’ensemble des écoles nationales, ce qui rend la compétition soutenue. La préparation doit donc être méthodique, en travaillant aussi bien la technique que la gestion du stress et du temps en examen.
Pour clarifier les principales voies et leur cible, le tableau suivant synthétise les différences opérationnelles.
| Voie | Public visé | Durée préparatoire | Épreuves principales | Remarque |
|---|---|---|---|---|
| Concours post-bac | Terminale / bacheliers | 1 an intégré | Écrits+oraux | Admission précoce, très sélectif |
| BCPST (prépa) | Étudiants en CPGE | 2 ans | Écrits intensifs | Voie historique la plus utilisée |
| Licence (concours B) | Étudiants universitaires | 1 à 3 ans | Écrits/oraux adaptés | Permet alternance et mise à niveau |
| Concours C/D/E | Profils divers (techniques/pro) | Variable | Spécifiques | Accès complémentaire pour profils expérimentés |
Valider le tronc commun de 4 ans (A2 à A5)
Une fois admis, le cursus se structure en un tronc commun de quatre années (A2 à A5) pendant lesquelles s’articulent enseignements théoriques et pratiques cliniques.
Structure et étapes : A2 à A5
Le tronc commun couvre la deuxième à la cinquième année du cursus vétérinaire. Chaque année combine enseignements disciplinaires, travaux pratiques et stages progressifs, visant à construire une maîtrise opérationnelle des soins animaux.
La progression pédagogique va des fondamentaux biologiques vers des applications cliniques de plus en plus complexes. Les étudiants sont exposés à une diversité d’espèces et de situations, permettant de développer des compétences transversales en diagnostic et gestion des patients.
Contenu des enseignements : théorie et pratique
Les enseignements comprennent des cours de biologie animale, de physiologie, de pathologie, de pharmacologie et de chirurgie. Ces modules sont complétés par des travaux pratiques en laboratoire et des séances de simulation pour préparer le passage en clinique réelle.
Les stages cliniques, encadrés par des praticiens, permettent l’observation puis la responsabilité progressive des actes. Cette immersion est conçue pour faire le lien entre savoirs théoriques et application professionnelle, en sécurité pour les patients.
ECTS et obtention du DEFV
Le système européen de crédits (ECTS) organise la validation des semestres : en général 30 ECTS par semestre. La reconnaissance des acquis se fait par unités d’enseignement capitalisables et modulables.
À l’issue du tronc commun, les étudiants peuvent obtenir le DEFV (Diplôme de Formation Vétérinaire) qui autorise l’exercice en qualité d’assistant vétérinaire. Ce jalon formalise l’acquisition d’un niveau professionnel intermédiaire avant l’année d’approfondissement.
Compléter l’année d’approfondissement (6e année)
L’année d’approfondissement marque la transition vers la spécialisation clinique et la recherche appliquée. Elle vise à préparer l’étudiant à une pratique autonome ou à poursuivre vers des spécialisations.
Objectifs pédagogiques de la sixième année
Cette année permet de développer des compétences avancées en médecine et chirurgie vétérinaires, avec des modules spécialisés selon l’orientation choisie (animaux de compagnie, animaux de rente, équidés, etc.).
Elle comprend des stages hospitaliers intensifs, des responsabilités en assistance clinique et des enseignements méthodologiques pour la recherche et la gestion de cabinet. L’objectif est d’atteindre une compétence proche du futur exercice libéral ou hospitalier.
Préparation aux spécialisations futures
La sixième année sert aussi de tremplin vers des diplômes complémentaires ou des internats spécialisés. Les étudiants intéressés par la recherche consolidée pourront entamer des travaux dirigés et préparer un projet de thèse.
Ce temps d’approfondissement permet d’identifier une orientation professionnelle et d’acquérir un réseau professionnel via des stages, des encadrements cliniques et des collaborations scientifiques.
Soutenir une thèse d’exercice
La thèse d’exercice constitue l’ultime étape académique : sa rédaction et sa soutenance entérinent l’obtention du diplôme d’État de Docteur Vétérinaire.
Rédaction et déroulement de la soutenance
La thèse repose sur un travail original, clinique ou expérimental, encadré par un promoteur. La rédaction suit des normes scientifiques et doit démontrer la capacité à conduire une démarche rigoureuse, analyser des données et en tirer des conclusions applicables.
La soutenance publique permet d’évaluer oralement le travail, la méthodologie et la portée des résultats. Elle conclut une période de formation qui peut s’étendre sur plusieurs mois à l’issue de la sixième année.
Obtention du DEV et obligations professionnelles
Après soutenance, l’étudiant obtient le diplôme d’État de Docteur Vétérinaire (DEV), condition pour exercer en France. Le parcours total compte généralement 6 à 7 années après le bac selon la voie d’accès.
L’inscription à l’Ordre des vétérinaires est ensuite requise pour pouvoir exercer légalement. Cette inscription impose le respect des règles déontologiques et des obligations administratives propres à la profession.
Exercer sous conditions
L’exercice de la profession vétérinaire est encadré : il combine obligations réglementaires, compétences linguistiques et choix entre secteur public ou privé, chacun impliquant des réalités professionnelles distinctes.
Conditions légales : Ordre et langue
L’inscription à l’Ordre des vétérinaires est obligatoire pour pratiquer. Cette formalité vérifie le statut professionnel et autorise l’exercice conformément aux normes sanitaires et éthiques du pays.
La maîtrise du français est requise pour assurer la sécurité des actes et la communication avec les propriétaires d’animaux et les équipes soignantes. Des certificats linguistiques peuvent être demandés pour les titulaires de diplômes étrangers. Une formation premiers secours peut également être valorisée lors des stages et premiers emplois.
Exercice en privé vs public : opportunités et coûts
Le secteur privé (cliniques, cabinets, entreprises vétérinaires) offre souvent une grande variété d’opportunités et une rémunération dépendante de la clientèle et des services rendus. Les établissements privés, comme UniLaSalle pour la formation, peuvent impliquer des frais plus élevés pour la scolarité.
Le secteur public englobe postes en santé animale, laboratoires de recherche ou institutions publiques. Les carrières publiques offrent parfois une plus grande stabilité et des trajectoires spécifiques (fonction publique, recherche institutionnelle). Le choix entre privé et public influe sur la nature des missions, les conditions de travail et l’évolution de carrière.
Pour des activités complémentaires autour des animaux, certains diplômés se tournent vers des statuts proches, comme devenir pet-sitter.
Au terme de ce parcours, vous disposez d’une vision structurée des étapes à franchir pour devenir vétérinaire : choix du bac, options de préparation, réussite aux concours, validation du tronc commun, approfondissement clinique, soutenance de thèse et respect des conditions d’exercice. Ces repères vous permettent d’élaborer un plan d’action réaliste et aligné sur vos objectifs professionnels.

